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Orange Labs : une migration sous forme d’abécédaire

Orange Labs, la division de recherche et de développement de la multinationale française de télécommunications Orange, a remplacé un outil patrimonial, utilisé depuis plus de vingt ans, par une autre solution (ALM Octane de l’éditeur Micro Focus).

Orange Labs gère non seulement des projets de développement de logiciels, tels que des applications Web, mobiles et de back end, mais aussi la distribution de matériels et de composants de télécommunications, tels que des routeurs, des décodeurs et une variété d’appareils IoT (Internet des objets). Orange Labs a recherché une solution de gestion de la qualité des produits pour intégrer des tests automatisés dans tous les projets informatiques, pour gérer plus de 600 projets de tests, chacun contenant plusieurs éléments de tests dans un espace de travail, et 3 000 utilisateurs. Au cours d’une période de deux ans, tous les projets de tests existants ont été migrés vers la nouvelle solution, tandis que tous les nouveaux projets de tests ont été initiés dès le début dans la nouvelle solution. Yann Helleboid, Testing Community Manager pour Orange Labs, a synthétisé cette opération sous forme d’un abécédaire :

A comme… Ancien. C’est ce qui caractérise la solution précédente, utilisée depuis plus de vingt ans. « Une éternité… », précise Yann Helleboid.

B comme… Bazar. L’outil précédent avait différents noms, associés à plusieurs instances. « La situation était donc difficile, lourde à gérer. »

C comme… Complexe. « Nous devions gérer en parallèle un outil obsolète et des exigences de transformation de l’entreprise, marquée par la montée de l’agilité et de DevOps. »

D comme… Décision. Le choix de la solution est une étape cruciale et doit s’effectuer sur un mode collaboratif, au lieu d’une approche top down.

E comme… Essai. Dix pilotes ont été réalisés, avec différents cas de figure. Cela peut sembler beaucoup mais, « dans une grande organisation, tous les projets ne vont pas au même rythme selon les technologies, il faut une diversité des business cases. »

F comme… Final. La durée de migration a été fixée à deux ans. « Si le délai est trop court, les équipes ont le couteau sous la gorge et mettent en danger la production, si le délai est trop long, ça ne démarre jamais… ».

G comme… Go. C’est le moment où il n’est plus possible de créer de nouveaux projets avec l’ancienne solution.

H comme… Hybride. Les deux solutions peuvent fonctionner en parallèle pendant le temps de la migration. Mais c’est difficile : « C’est un énorme challenge, car les effectifs n’augmentent pas et la charge de travail double pour l’exploitation et le support. »

I comme… Incitation. Comment inciter les utilisateurs à s’approprier la nouvelle solution ? « Il ne faut pas forcer à changer à un moment donné, mais inciter progressivement à le faire, avec beaucoup de communication, d’outils de migration et de support, surtout pour les premiers projets concernés. »

J comme… Joueurs. Ce sont les utilisateurs qui se lancent en premier et perçoivent les avantages à migrer vers une solution plus moderne. « Les propriétaires de projets de tests sont encouragés à explorer toutes les différentes fonctionnalités d’ALM Octane et à partager leur expérience sur d’autres projets. Cette boucle de commentaires collaborative offre aux utilisateurs une grande expérience, et le bouche-à-oreille publicitaire a élargi l’utilisation. »

K comme… Kilos (d’habitudes). Les utilisateurs essaient de reproduire, avec le nouvel outil, leur manière de faire avec l’ancien. D’où un effort d’explications et de gestion du changement à prévoir…

L comme… Liberté. « Nous avons arrêté d’essayer de convaincre des utilisateurs qui ne veulent pas l’être. » L’approche d’Orange Labs a été de laisser la liberté d’utiliser n’importe quelle autre solution. « Offrir le choix à nos utilisateurs est un véritable changement de mentalité et cela fait partie de notre transformation numérique. Nous ne voulons pas imposer un outil ou une méthodologie spécifique à nos utilisateurs. »

M comme… Mi-chemin. Il s’agit de vérifier que les résultats sont en ligne avec les anticipations, par exemple d’avoir validé la migration de la moitié des utilisateurs et des applications à mi-chemin de la durée prévue.

N comme… Néophytes. La mise en place d’une nouvelle solution est toujours l’occasion de convaincre de nouveaux utilisateurs, « notamment ceux qui sont passés au travers des formations. »

O comme… Ô rage, ô désespoir. C’est la réaction légitime face à l’augmentation de la charge de travail en parallèle de la diminution des ressources. Mais, heureusement, l’automatisation compense cette difficulté.

P comme… Pertes de données. Elles peuvent survenir à tout moment, d’où l’intérêt des sauvegardes et de leur récupération. « Nous avons perdu une semaine de data, mais, heureusement, c’était le 15 août ! », se souvient Yann Helleboid.

Q comme… Quadrature du cercle. Il faut pouvoir relier tous les outils (de tests, de qualité…) de manière automatique. « Ce que nous n’avions jamais réussi à faire auparavant a été possible grâce aux API. »

R comme… Revue. Régulièrement, la satisfaction des utilisateurs doit être mesurée, en particulier sur les aspects fonctionnels de la solution (de manière à challenger l’éditeur) et le degré d’automatisation.

S comme… Souplesse. Lorsque les ressources sont contraintes, il faut faciliter la vie des utilisateurs, par exemple pour créer un compte ou un projet en quelques clics.

T comme… Training. La formation doit être différenciée selon les utilisateurs, en débutant par exemple par des sessions d’une heure, qui peuvent s’organiser à distance, ce qui suffit à la majorité des utilisateurs. Des durées plus longues (de quelques heures à quelques jours) s’envisagent pour des besoins plus complexes.

U comme… Utilisateurs. Leur support doit être efficace et réactif, surtout lorsque l’outil n’est pas obligatoire. « Il faut multiplier les canaux d’interaction, pour les équipes, c’est l’enfer, mais les utilisateurs adorent », résume Yann Helleboid.

V comme… Vélocité. Elle est essentielle pour s’adapter au rythme des mises à jour de la solution.

W comme… Watt. L’automatisation permet d’utiliser moins de serveurs, donc de consommer moins…

X comme… X-Files. A l’issue de la durée prévue pour la migration, l’idée est de couper les serveurs supportant l’ancienne solution. « Bien sûr, il reste des projets pour lesquels les utilisateurs n’ont pas agi pour migrer. Tant pis pour eux… », explique Yann Helleboid. Des utilisateurs étourdis (dont les projets ont quand même été sauvegardés…) qui sont donc contraints de migrer ! Chez Orange Labs, 400 projets n’avaient pas été migrés, à l’issue de la durée prévue : « Personne n’a réclamé, cela ne semblait donc pas si dramatique et c’est l’occasion de faire le ménage. »

Y comme… Youpi ! C’est le moment où l’ancienne solution disparaît pour laisser la place à la nouvelle.

Z comme… Zen. Il faut le rester, même s’il est toujours possible d’automatiser et d’intégrer davantage.

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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