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Persistances dans l’erreur

« L’erreur est partout. L’erreur est humaine. » : c’est le point de départ de cet ouvrage écrit par Luc de Brabandère, directeur associé du Boston Consulting Group, et une spécialiste en communication, Anne Mikolajczak, qui s’interrogent sur les sources des erreurs.

La vie quotidienne est faite de multiples décisions et, pour retenir la meilleure, chacun s’appuie sur les informations dont il dispose. Mais tout cela est-il vraiment rationnel ? Car la décision, si elle est parfois le résultat d’un raisonnement rigoureux, est trop souvent teintée de subjectivité, d’intuition, de passion...

La subjectivité qui s’exprime dans nos choix de la vie quotidienne s’applique aussi aux choix en entreprises, comme par exemple appliquer la loi des 80/20, acheter des marques que l’on connaît (cela a fait le bonheur d’IBM par le passé), décider sur la base de comparaisons (pour le plus grand bonheur des cabinets de conseil en benchmarking), etc. Ces « raccourcis mentaux peuvent se transformer en courts-circuits et altérer raisonnement et jugement », affirment les auteurs, pour qui « nous avons tous nos zones de confort cognitif qui biaisent nos choix. » Car nous accordons une importance trop grande à ce que nous savons par rapport à ce que nous ne savons pas.

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Petite philosophie de nos erreurs quotidiennes, par Luc de Bradandere et Anne Mikolajczak, Eyrolles, 2009, 94 pages.

Les auteurs identifient un certain nombre de biais qui faussent les décisions (voir ci-contre). Biais que d’ailleurs on doit retrouver dans la gestion des projets systèmes d’information. On retiendra notamment le « biais de confirmation », à l’origine, selon les auteurs, « de nombreuses erreurs de prévision, notamment dans les domaines scientifiques et technologiques, comme par exemple minimiser le développement d’une technologie nouvelle qui dérange ou contredit les conceptions et les théories du moment ». L’un des travers les plus significatifs est celui qui pousse à chercher des causalités entre des événements alors qu’ils sont le simple produit du hasard, avec, à la clé, rappellent les auteurs, « une incessante recherche d’explications ». Pour ces derniers, la loi des séries n’existe pas...

Que faire ? Les auteurs suggèrent, pour limiter les dégâts, de suivre quelques recommandations de bon sens : « Vérifier son information et la corriger si nécessaire, tenir compte des données statistiques et des probabilités préalables, se méfier de sa mémoire, prendre du recul, écouter ceux dont l’avis diffère, se détacher du contexte et des circonstances, tirer les leçons des événements passés, s’obliger à considérer le problème sous un autre angle, reformuler questions et propositions... »

On retiendra la dernière phrase de cet ouvrage, dont on ne peut que conseiller la lecture à tous les DSI : contrairement à ce qui est couramment admis, « les apparences ne sont jamais trompeuses, c’est nous qui nous trompons en oubliant que tout est apparence ».

Les dix biais les plus courants

  1. Biais de disponibilité : utiliser de préférence les informations facilement disponibles, surestimer ce qui va se passer à court terme et sous-estimer les évolutions à long terme.
  2. Biais d’ancrage : focalisation de l’esprit sur une première valeur, un premier élément ou un premier choix qui empêche d’intégrer de nouveaux éléments.
  3. Biais de cadrage : la manière de présenter une situation, de poser une question et les mots employés influent sur la manière dont elle est interprétée
  4. Biais de représentativité : plus un sujet ou un objet présente les stéréotypes d’un groupe ou d’une catégorie, plus nous pensons que les chances qu’il y appartienne sont grandes.
  5. Biais de conjonction : surestimer la probabilité d’apparition de deux événements par rapport à l’apparition de chaque événement seul : en probabilité, un événement unique est toujours plus probable que la conjonction de cet événement avec un autre.
  6. Biais d’attribution : inclination à expliquer le comportement des autres par des facteurs personnels, en minimisant l’importance des facteurs externes.
  7. Biais de confirmation : tendance naturelle à recherche des opinions et des faits qui confirment nos propres opinions et hypothèses, et à ignorer ceux qui les infirment.
  8. Biais rétrospectif : inclinaison à juger a posteriori qu’un événement était probable ou prévisible et à désigner certains faits comme déterminants, alors que rien, par le passé, ne laissait prévoir de façon convaincante sa possibilité.
  9. Biais du statu quo : préférer garder quelque chose que nous possédons plutôt que d’en changer, tout changement apparaissant comme porteur de plus de risques que d’avantages.
  10. Biais de familiarité : faire davantage confiance à ce qui nous est connu, penser que l’on comprend mieux ce qui nous est proche et familier.

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Laurence Essirart

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