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De la DSI à la DSII

La traditionnelle DSI deviendra une DSII (direction des systèmes d’information et d’innovation), et elle sera « en phase avec son temps », affirme Philippe Tassin, qui décrit, dans son dernier ouvrage, les caractéristiques de cette nouvelle configuration.

« La DSI passe d’une structure essentiellement d’exécution à une structure d’organe décisionnel en charge de la cohérence des actions d’acteurs technologiques, internes ou externes, mais aussi d’acteurs non technologiques appartenant à d’autres directions », résume l’auteur. On conçoit, dans ce contexte, que l’innovation joue un rôle central aux côtés de deux autres domaines qui forment l’ossature de la DSI : l’excellence opérationnelle et l’organisation/processus. « La DSII doit réinventer la direction informatique », affirme l’auteur, notamment en différenciant l’entreprise de la concurrence « par l’innovation dans les produits et les méthodes d’exploitation. »

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Systèmes d’information & Systèmes d’innovation, par Philippe Tassin, Editions Hermès Lavoisier, 2008, 260 pages.

De fait, prévoit Philippe Tassin, dans les cinq ans, « la frontière entre informaticien et homme métier aura disparu, l’informatique devenant un métier comme les autres : les technologies arriveront donc avec ou sans l’accord de la DSII. » C’est à la fois la rançon du succès et, plus vraisemblablement, l’occasion du renforcement de contre-pouvoirs « soutenus par les directions générales ». On peut imaginer, avec l’auteur, le scénario suivant : « Les services informatiques tels que nous les connaissons finiront par disparaître pour migrer vers une DSII à forte composante métier, ce qui signifie la fin du modèle actuel où les informaticiens ne pouvaient faire carrière qu’à la DSII, qui se videra de ses équipes techniques. » Avec, heureusement de nouveaux métiers tels que cartographe, pilote d’infogérance, gestionnaires du changement, de processus, juriste... Et l’un des moyens de réussir le pari est « d’embaucher des jeunes », conseille Philippe Tassin.

Quelques idées à retenir

On s’étonne que les DSI aient pu se laisser marginaliser alors qu’ils baignent depuis toujours dans un environnement technologique où l’innovation est reine. Les dirigeants ont clairement décidé que l’informatique n’était pas une préoccupation à leur niveau et ils l'ont considérée comme source de problèmes, de coûts, de stress et de réorganisation. Que l’on en soit arrivé là est une aberration dont la responsabilité est collective.

Si l’on considère qu’un « col blanc » passe plus de la moitié de son temps de travail sur l’ordinateur, les systèmes d’information représentent le premier facteur de coût de nos économies.

Les étudiants ne se risqueront pas dans l’informatique s’ils savent que la plus grande partie de leur carrière est en péril.

Un projet d’innovation met en œuvre un processus intégrant trois systèmes en interaction : un niveau informationnel, un système opérationnel et une étape décisionnelle.

L’informatique, une « commodité »... Cette affirmation est une provocation. Le problème est qu’elle a été prise pour argent comptant par beaucoup de directions générales alors qu’elle est basée sur un raisonnement faux, en confondant système d’information et infrastructure technique.

Il n’est pas rare de voir des DSI où le maintien en conditions opérationnelles de l’existant absorbe 80 % des ressources. Dans ces directions, les nouvelles technologies sont parfois mal venues et les utilisateurs, lassés de demander des services qu’ils n’obtiennent pas, ont pris les choses en main mais le résultat n’est pas à la hauteur des espérances.

Les SI sont le reflet fidèle de la culture et de l’organisation d’une entreprise. On constate d’ailleurs les catastrophes que produit l’introduction au forceps de progiciels généraux lorsqu’ils n’y correspondent pas.

Cela fait cinquante ans que l’on sait qu’il faut organiser avant d’automatiser, mais on l’oublie parfois !

Les DG ont réussi au-delà de leurs espérances à force de vouloir réduire les budgets informatiques : elles ont créé au sein des DSI des comportements frileux, au point que la limite n’est pas celle des ressources mais celle de la capacité des équipes à gérer de nouveaux projets.

Entre DSI et DG, le problème est celui de la confiance et de la transparence. La confiance ne se décrète pas, elle se mérite ; la transparence se cultive.

La traditionnelle distinction entre utilisateur final et informaticien est battue en brèche par le fait que l’informaticien connaît souvent mieux le métier que l’utilisateur et qu’il est le seul à connaître les règles de gestion.

Il ne s’agit pas d’être innovant à tout crin, mais il ne peut être question de tolérer un retard chronique.

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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