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Syntec Numérique confirme la résilience du secteur en période de crise

A l’occasion de sa conférence semestrielle, le Syntec Numérique a présenté ses premières estimations pour 2012, avec un taux de croissance global dans la fourchette basse des prévisions : + 0,7% seulement pour l’ensemble du secteur, avec des disparités selon les activités.

L’édition de logiciels et le conseil se maintiennent, avec des taux de croissance estimés respectivement à +1,6% et +2%. Néanmoins, les services informatiques pâtissent de la crise, avec un taux de -0,9%. « Nous avons observé une dégradation très importante au cours du second semestre », note Guy Mamou-Mani, co-président du groupe Open et Président du Syntec Numérique. La chambre professionnelle est pessimiste pour 2013, prévoyant une croissance globale nulle.

Son Président pointe cependant la dynamique du secteur, nourrie par l’évolution technologique : « Depuis 25 ans, notre secteur fait 4,5 fois la croissance du PIB. Il possède une vraie capacité de résilience ». Cette capacité de résistance s’explique par plusieurs facteurs : « Actuellement, cloud, réseaux sociaux, Internet des objets et CRM (gestion de la relation client) génèrent de l’activité, ce qui aide à pallier les effets de la crise. » Syntec Numérique évoque également les grands projets de rationalisation menés par les clients pour réduire leurs coûts, et qui permettent aux acteurs des services informatiques de maintenir leur activité.

Ce type de projets est fréquent dans le secteur bancaire, assez touché par la crise, ou dans le secteur public : Luc-François Salvador, PDG de Sogeti et Vice-Président de Syntec Numérique, cite par exemple le programme de socle technique commun des armées lancé par la DGA en 2010. Syntec Numérique a également réaffirmé sa conviction que l’innovation et le numérique sont des leviers majeur pour accroître la compétitivité d’un pays. « Nous proposons un regard numérique sur tous les grands enjeux : la santé, la ville l’économie », relate le Président, enjoignant les acteurs politiques à s’y intéresser.

L’organisme professionnel déplore en outre que l’une des recommandations du Rapport Gallois, l’allègement des charges sur les salaires jusqu’à 3,5 smic, a été revue à la baisse. « Dans les services informatiques notamment, le chiffre d’affaires est directement corrélé aux coûts salariaux. L’industrie qui crée le plus d’emplois est la plus sanctionnée par des charges élevées», regrette Guy Mamou-Mani.

Pas de destruction d’emplois en 2013

En termes d’emplois justement, 35 000 personnes ont été embauchées en 2012 dans les entreprises de l’économie numérique, dont 30 000 cadres, ce qui représente une création nette d’emploi de 5 000 postes. Pour 2013, Syntec Numérique s’attend à une diminution très sensible, mais estime néanmoins qu’il n’y aura pas de destruction d’emplois. Le secteur œuvre par ailleurs à réduire les inégalités, cherchant à rompre avec certains clichés, plus ou moins fondés, qui lui collent à la peau. Le jeunisme tout d’abord : si le secteur reste le premier recruteur de jeunes ingénieurs en CDI, « 60% des collaborateurs ont entre 30 et 50 ans, et le taux de seniors (+ de 50 ans) est passé de 10,4 à 12,1 en trois ans », observe Luc-François Salvador.

Une légère amélioration donc, ce qui n’est pas le cas du taux de féminisation des professions informatiques, « qui demeure trop stable ». Pour inciter davantage de femmes à s’engager dans ce secteur, aux rémunérations 45% au-dessus de la moyenne nationale, Syntec Numérique a entrepris un certain nombre d’actions, dont le lancement début 2012 de la commission « Femmes du numérique », présidée par Viviane Chaine-Ribeiro. Les salariés handicapés représentent également un pourcentage en deçà de la moyenne nationale, à 0,58% seulement contre près de 2,8%. Plusieurs actions sont en cours pour favoriser leur insertion dans le secteur, notamment une collaboration avec le centre 2iSA de Millau pour mettre en place un diplôme d’ingénieur.

Malgré ces différentes actions, Syntec Numérique souligne la persistance d’une pénurie dans certains domaines de compétences. Java/J2EE toujours, mais aussi le CRM, SAP, les « cyber-risques » ou des technologies plus récentes comme Hana, où l’absence de compétences s’explique plus aisément. L’un des principaux facteurs de ces difficultés est le manque de candidats dans les écoles d’ingénieurs. « Quand les effectifs des classes préparatoires commerciales ont triplé, celui des classes scientifiques est resté stable ».

La France forme environ 25 000 ingénieurs par an tous domaines confondus, tandis que l’Inde, à la population certes plus nombreuse, en forme 250 000, majoritairement en informatique. Enfin, Syntec Numérique a livré sa vision des enjeux auxquels se trouvent confrontées les entreprises clientes. « Les postes de dépenses informatiques migrent de plus en plus hors de la DSI, vers le marketing ou les RH. Ces acteurs veulent des réponses très rapides, agiles, pour lesquelles le critère de proximité est important. »

Le modèle du cloud computing et des applications en mode SaaS est d’ores et déjà une tendance significative, et qui va aller en s’accroissant, portée par ces nouveaux besoins. « Les DSI ont quant à eux deux grandes préoccupations à l’heure actuelle : réduire les coûts et gérer la transformation des usages. Ils sont de plus en plus débordés par la mobilité, le BYOD (Bring Your Own Device). Notre rôle est de les accompagner, en parlant de valeur ajoutée plus que de prix », assure le président de Syntec Numérique.

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Aurélie Chandèze

Aurélie Chandèze

Titulaire de deux masters en informatique et en sciences de l’information, Aurélie Chandèze a débuté en tant que journaliste IT. Après avoir été analyste chez Yphise puis consultante chez Acadys, elle a rejoint Best Practices fin 2009.

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