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Formation : une évolution des pratiques

Formation : une évolution des pratiques

La crise sanitaire a eu un impact significatif sur les pratiques de formation des entreprises et les contenus. Et cet impact sera durable, selon une enquête publiée par Unow et réalisée auprès de 600 entreprises françaises de plus de 250 salariés.

« Nous avons constaté un changement très rapide des comportements des responsables formation, dans un contexte où le travail à distance va devenir durable », souligne Yannick Petit, CEO de Unow. L’enquête, menée en juin et en juillet 2020 auprès de DRH et de responsables formation (600 entreprises de plus de 250 salariés), révèle que pour 91 % des entreprises le confinement aura eu un impact durable sur la digitalisation de la formation dans leur entreprise. « Les impacts concernent à la fois la manière de former, les financements et les thèmes des formation », résume Pierre Monclos, expert en formation digitale et DRH de Unow.

Résultat : le digital est devenu le nouveau standard pour la formation. Activité qui reste stratégique : « Pendant le confinement, nous avons constaté que la formation a été un moyen de positiver, de préparer la suite et de se projeter pour beaucoup de gens. Au-delà du développement des compétences, la formation aide les entreprises à traverser les crises. C'est une activité de continuité indispensable tant sur le plan économique que social », explique Yannick Petit, pour qui « le secteur de la formation est en phase de rattrapage dans sa transformation digitale. Le digital est le nouveau standard alors qu’il était, jusqu’à présent, plutôt un challenger dans la manière de former.

Pour les DRH, la formation à distance répond à quatre enjeux prioritaires : se former à son rythme (pour 75 % des entreprises), aider à la transformation digitale de l'entreprise (59(%), réduire les coûts (53 %) et optimiser l'efficacité des formations (43 %). « L'efficacité de la formation ne remonte pas encore parmi les principaux enjeux perçus par les responsables formation. Pourtant, le digital permet à la fois de renforcer cette efficacité et d'évaluer objectivement l'impact de la formation. Mais peu d’organismes de formation sont encore en capacité de présenter des données objectives sur la montée en compétences associe aux formations », précise Yannick Petit.

Sept entreprises sur dix affirment que la modalité dominante sera désormais le blended learning, également appelée formation mixte, qui désigne les dispositifs de formation articulant du présentiel et du distanciel au sein d'une même parcours pédagogique. « Et parmi les entreprises qui vont désormais privilégier le blended learning dans leurs plans de développement des compétences, les actions 100 % présentielles passent derrière les actions 100 % distancielles. C’est du jamais vu dans le secteur de la formation professionnelle ! Cela reflète un changement radical dans les pratiques », assure Yannick Petit.

Outre le blended learning, les modalités de formation que les entreprises souhaitent privilégier sont les suivantes :

- Les Modules e-learning (vidéos et quiz), pour 85 % des entreprises. Ces modules sont majoritairement intégrés dans les entreprises depuis plusieurs années. Ils permettent d'acquérir et de consolider des connaissances (≠ compétences), et la complétion est faible (5 à 10% en moyenne). « Sur 100 personnes inscrites en e-learning, 10 vont commencer et un seul ira jusqu’au bout. C’est tout l’enjeu du taux de complétion, et c’est pour cela que la formation en ligne a une mauvaise image, sans parler de la qualité des contenus », estime Pierre Monclos.

- Les classes virtuelles pour 57 % des entreprises. Elles étaient déjà une modalité fréquemment utilisée, et leur utilisation en formation a explosé depuis le confinement. Avec un écueil récurrent : des formats souvent descendants, alors qu'ils gagnent à être participatifs et associés à des ressources asynchrones pour une meilleure efficacité.

- Les SPOC (formations digitales et tutorées) pour 33 % des entreprises. Cette modalité apparue en 2014 continue son ascension après avoir atteint 25% en 2018, avec une complétion forte (92% en moyenne chez Unow). Le SPOC repose sur un accompagnement individuel, de l'apprentissage en groupe et de l'apprentissage par la pratique.

- Les dispositifs impliquant des nouvelles technologies (Réalité virtuelle, réalité augmentée, objets connectés...), pour 6 % des entreprises. Des dispositifs encore peu utilisés malgré une forte attractivité. Depuis 2017, ils sont perçus comme pertinents sur des projets spécifiques et non sur les formations les plus répandues dans les entreprises.

- Les serious games, pour seulement 4 % des entreprises. Après un déclin depuis plusieurs années, souvent pour des motifs budgétaires et un manque de souplesse, les serious games deviennent des projets rares dans les entreprises.

Du côté des compétences, on observe là aussi des évolutions majeures. Les deux compétences prioritaires sur lesquelles les entreprises vont investir concernent le management à distance (animer des réunions à distance, développer son leadership et son influence à distance, apprendre et communiquer à distance), pour 65% des entreprises interrogées dans l’étude, et, pour 64 %, le télétravail efficace (gestion du temps, du stress, de projet, agilité…). Selon Yannick Petit, « l'avènement du télétravail a bousculé les manières de travailler et de collaborer de manière durable, les répondants ont identifié les compétences liées à ce changement qui seront essentielles pour les salariés après les crises de 2020. Dans cette période tendue et de changements, les entreprises misent désormais sur les compétences transversales de leurs équipes, tant pour développer leur efficacité professionnelle que pour renforcer leur adaptabilité aux changements. Enfin, beaucoup d'entreprises souhaitent renforcer l'efficacité de leurs équipes sur la gestion de projet, qu'il s'agisse de l'approche classique ou des méthodes agiles. » La part des soft skills dans les formations est ainsi passée de 12 % en 2016 à 22 % en 2018, pour atteindre 31 % en 2020.

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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