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NetBrain, la nouvelle compétition des savoirs

Denis Ettighoffer, fondateur du think tank Eurotechnopolis Institut et auteur de nombreux ouvrages sur la netéconomie, part d’un constat : « Quelle sera la première puissance économique mondiale dans la prochaine décennie ? Qui bénéficie déjà du taux de croissance le plus important ? La Chine ? L’Inde ? Erreur : c’est NetBrain, une planète numérique qui est la championne toutes catégories de cette croissance. C’est Internet qui crée le plus de richesses, le plus d’emplois, le plus d’entreprises, le plus de valeur ajoutée … et de loin ! »

Ce constat n’est certes pas nouveau, mais ce qui pouvait être considéré comme exogène à l’entreprise doit être pris au sérieux par les DSI. L’un des points clés concerne la fracture qui s’établit entre les entre­prises et leur environnement. « Si, il n’y a pas si longtemps, nous pouvions considérer ce qui se passait dans les entreprises comme précurseur des transformations en cours dans notre société, c’est bien fini aujourd’hui », observe Denis Ettighoffer. Autrement dit, volontairement ou non, les entreprises font de la résistance. « Les outils du lien social déjà largement utilisés dans notre société ne le sont pas dans trois entreprises sur qua­tre. Tout comme on a empêché pendant des décennies les salariés d’accéder au téléphone », déplore l’auteur.

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NetBrain, planète numérique, les batailles des nations savantes, par Denis Ettighoffer, Dunod, 2008, 326 pages.

De fait, les systèmes d’information en place ne sont guère adaptés à ce que Denis Ettighoffer appelle les « créatifs culturels ». Par exemple, explique-t-il, « les intranets dans les entreprises restent trop souvent considérés comme une facilité supplémentaire pour échanger des messages formels, des reportings et autres données structurées, sans comprendre que ce sont justement les échanges d’informations non structurées qui devraient être encouragés. » Résultat : les entreprises qui s’en sont le mieux sorties ces dernières années sont celles qui avaient écouté leurs « créatifs culturels. » Les entreprises les plus en avance « ont découvert, avec les organisations en réseaux, de nouvelles façons de réaliser des gains de productivité et vont maintenant inventer de nouveaux modes de valorisation de la matière grise et d’échange des savoirs. Elles vont se " cross fertiliser " », assure l’auteur. Cette valorisation du capital immatériel dépasse le cadre de l’entreprise : c’est l’enjeu de la « bataille des nations savantes ».

Pour Denis Ettighoffer, « il faut cesser de mener la guerre des biens immatériels comme on dirige une administration ». Et mobiliser la recherche/développement. « La France dispose pour sa part d’un capital scientifique et de ressources de savoirs considérables. Mais, conduisons-nous les bonnes stratégies pour commercialiser des biens numériques qui incarnent désormais ce potentiel ? Les réponses sont dans la commercialisation croissante de la formation (des contenus) et de la R & D, devenues des leviers économique de premier plan. Mais en France la formation n’est pas censée relever du secteur marchand et la R & D n’est pas considérée comme du business, ce qui fait le bonheur de nos concurrents », souligne l’auteur. Malheureusement, la partie est loin d’être gagnée : « L’économie des idées, outre un terrain et des outils adaptés, implique aussi l’acceptation du principe d’incertitude majoritairement rejeté par nos dirigeants et nos cadres cartésiens. »

Les idées à retenir

  • L’économie des objets est différente de celle des idées. L’une est physique, finie, consommatrice de ressources et débouche sur la pénurie. L’autre, immatérielle, ouvre un champ inimaginable et inépuisable.
  • La part informationnelle d’un bien s’est accrue dans de telles proportions qu’elle représente fréquemment plus que la valeur physique d’un bien.
  • Les entreprises doivent pouvoir se constituer des banques d’idées et de savoirs ou y accéder aux meilleurs coûts et à la demande (en temps réel), afin d’innover pour se distinguer sur leurs marchés.
  • Alors que le taux d’échec des alliances ou des partenariats constitués sur de simples analyses économiques reste généralement élevé (certaines études évoquent 70 %), les alliances fondées sur des échanges d’idées et de savoirs, qui présentent l’avantage de constituer une communauté professionnelle cohérente, semblent mieux résister.
  • La loi du Web est à l’inverse de celle des médias traditionnels, la valeur est créée par la pertinence de chaque connexion.
  • La société numérique passe lentement d’une logique de propriété à une logique d’usage. Les contenus prennent plus d’importance que les tuyaux.
  • La réussite de la mise en place d’un intranet ne relève pas de la qualité technique du réseau, même si cela reste indispensable, mais plutôt de l’intérêt du collectif pour communiquer et collaborer au travers d’un projet.
  • Les réseaux restent encore considérés comme un investissement pour améliorer en efficacité les organisations plutôt que pour favoriser les échanges d’idées et l’innovation : une seule entreprise sur dix pense que les réseaux deviennent des vecteurs de fertilisation de son capital immatériel.

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Laurence Essirart

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