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Internet des objets : sept étapes pour passer du projet au service

En 2020, il pourrait y avoir plus de 21 milliards d’objets connectés dans le monde, selon les analystes de Gartner. Ces dispositifs connectés sont partout, et ils sont loin de se limiter aux objets de grande consommation, même si ces derniers sont les plus visibles dans les médias.

Quel que soit leur domaine, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à réfléchir aux opportunités de l’Internet des objets, ou IoT (Internet of Things) dans l’ensemble de leurs offres et de leurs processus. Les progrès accomplis en termes de connectivité et d’architecture réseau, conjugués à la baisse des coûts des capteurs, ouvrent en effet de nouvelles perspectives prometteuses, tant sur les marchés BtoC (Business To Consumer) que BtoB (Business To Business).

Avec l’IoT, les entreprises ont de nombreuses façons d’accroître leur valeur, grâce à une grande diversité de cas d’usages :

  • Une première catégorie de cas d’usage de l’IoT cible l’optimisation de processus existants et la réduction des coûts, grâce à une meilleure visibilité permettant le pilotage : il s’agit, par exemple, de la maintenance prédictive, qui permet de planifier des interventions d’entretien avant la survenue d’une panne, de l’usine connectée, dotée de chaînes de production capables de s’auto-ajuster en fonction de certains paramètres (cadence, consommation d’énergie, qualité mesurée...), ou encore du suivi en temps réel de la chaîne d’approvisionnement. Ces services font fréquemment appel à l’automatisation et aux échanges de machine à machine (M2M).
  • Une deuxième catégorie concerne le développement de nouveaux services, qui vont procurer des sources de revenus supplémentaires. L’Internet des objets offre en effet des possibilités de création de valeur inédites, qui transforment le modèle économique des entreprises : pay-as-you-drive dans l’assurance automobile, consultations à distance, téléprésence et suivi médical à domicile dans la santé, compteurs intelligents informant les usagers sur leur consommation d’énergie...
  • L’IoT peut également apporter des solutions pour renforcer le lien avec ses clients (écrans ou cartes de fidélité connectées...), pour lutter contre la contrefaçon, notamment dans les industries sensibles comme la pharmacie ou le luxe, ou encore pour assurer la sécurité des biens ou des personnes.

Au total, selon une étude Accenture (« Winning with the Industrial Internet of Things »), parue en 2015, l’IoT industriel pourrait accroître le marché global de 14,2 trillions de dollars d’ici 2030. Tous les exemples précédemment cités ont un point commun : ce qui compte, dans ces applications de l’IoT, ce n’est pas l’objet, mais le service. En effet, au final, c’est bien celui-ci qui va apporter de la valeur à l’entreprise, à l’usager ou au client. Un objet aura beau répondre à un besoin identifié comme essentiel, si l’objet n’est pas intégré dans un service global, opéré en fonction des métiers de l’entreprise, le projet ne rencontrera pas le succès escompté en termes de retour sur investissement (ROI). A cette évidence s’ajoutent quelques paramètres qui doivent être pris en considération quand on étudie un projet IoT.

Un ROI visible sur la durée

Tout d’abord, le ROI de ce type de projet dépend de plusieurs paramètres, parmi lesquels la taille et le type de périmètre ciblés pour le déploiement, mais aussi d’un facteur temps, parfois sous-estimé. Dans certaines applications, comme la maintenance prédictive, les gains espérés sont à la fois liés au nombre d’appareils équipés de capteurs et au type d’équipements choisis : s’il s’agit d’équipements peu stratégiques, mais nombreux et tombant souvent en panne, comme des lampadaires ou des portillons automatiques, il faut atteindre un certain volume déployé pour démontrer la valeur de l’IoT.

En revanche, s’il s’agit de machines très coûteuses à réparer, dont la défaillance bloque toute une chaîne de production ou fait courir un risque élevé, les bénéfices en termes de prévention des pannes ne seront pas immédiatement visibles, mais ils seront néanmoins importants et croissants avec le temps. Le ROI peut donc être différé durant une certaine période, le temps d’atteindre le seuil nécessaire pour la rentabilité. Par ailleurs, un projet d’IoT étant, par nature, un projet d’innovation, qui plus est fortement lié au métier de l’entreprise, il y a nécessairement des investissements à réaliser au départ pour développer une solution qui n’existe pas ailleurs, même si certains facteurs peuvent permettre de réduire ces coûts.

Ensuite, même si ces projets représentent un certain coût au départ, il faut prendre en compte le risque qu’il y a à ne pas les faire, également appelé retour sur non-investissement (RONI). En effet, dans un contexte économique et social marqué par des changements rapides, le coût de l’immobilisme n’est pas neutre. Pendant qu’une entreprise hésite, gageons que parmi ses concurrents, plusieurs sont en train d’explorer les opportunités de l’IoT et de mettre au point des services qui demain feront la différence.

Ce constat est valable aussi bien pour les grandes entreprises que pour les PME, elles-aussi concernées par le RONI. Du côté des grands groupes, une bonne moitié des entreprises du CAC40 mènent ainsi des projets autour de l’IoT, notamment dans l’industrie. Les cas d’usages sont très variés, allant des smart cities (villes intelligentes) aux véhicules connectés, en passant par l’optimisation de la supply chain, les bâtiments intelligents ou les services de maintenance autour des pneus connectés. De nombreuses PME innovantes suivent la même voie, misant sur l’IoT pour se développer sur de nouveaux marchés.

Un écosystème marqué par l’hétérogénéité des acteurs

Un troisième aspect entre en jeu : la diversité des acteurs de l’écosystème, particulièrement présente avec l’IoT. En effet, dans ce domaine se côtoient à la fois des constructeurs de composants électroniques, des acteurs du monde des télécoms, des opérateurs spécialisés dans les réseaux IoT, des très grandes entreprises habituées à gérer des dispositifs complexes, des intégrateurs eux-mêmes issus de l’électronique, des télécoms ou de l’informatique, ainsi qu’un grand nombre de start-up. Pour une majorité d’entreprises, situées en dehors de cet écosystème, il existe donc un enjeu supplémentaire : savoir ce qui leur manque et à qui s’adresser pour trouver le bon niveau de compétences.

Pour les entreprises, l’industrialisation prime

Enfin, dès lors que l’entreprise envisage un projet IoT, elle doit penser dès le départ à la phase d’industrialisation, sans laquelle un service si innovant soit-il restera à l’état de prototype. Pour qu’un déploiement efficient puisse être envisagé, il faut prendre en compte un certain nombre de prérequis, en particulier :

  • la disponibilité des infrastructures,
  • la fiabilité (du dispositif dans son ensemble et de chacun de ses maillons),
  • la maintenabilité,
  • la sécurité.

Pour veiller à ce que ces exigences soient prises en compte, l’entreprise doit se poser les bonnes questions à chaque étape du projet. Mieux vaut, en effet, anticiper chaque aspect avec soin, les environnements IoT étant plus complexes à mettre en œuvre que des environnements IT classiques en raison de leurs différentes caractéristiques (intelligence embarquée dans les objets, déploiement, collecte des données...).

Pour mener à bien un projet IoT, sept étapes sont essentielles :

  1. Concevoir le service.
  2. Déterminer les données à collecter.
  3. Concevoir l’objet.
  4. Déployer et gérer un réseau d’objets connectés.
  5. Collecter et traiter la masse de données générée.
  6. Développer les applications qui supportent les services.
  7. Garantir l’intégration harmonieuse avec le système d’information.

 

Ces étapes sont détaillées, ainsi que les principales questions à se poser,

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