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Les groupes du CAC 40 et le digital : pourquoi il faut vraiment s’inquiéter

L’étude exclusive publiée par Best Practices sur la maturité numérique des groupes du CAC 40, à travers l’analyse des rapports annuels, fait référence, en sciences à ce que l’on appelle l’approche holographique : le tout est sensé se retrouver dans chacune de ses parties à condition de s’avoir l’identifier…

Quoi de plus essentiel pour présenter son entreprise, ses résultats, son organisation, son ambition que le rapport annuel ? Cette étude révèle la vraie maturité digitale, au-delà des mots et des communications convenues. Première conclusion : 75 % des entreprises du CAC 40 parlent de numérique, mais aucune ne sait vraiment de quoi il s’agit (et est en mesure de faire la différence entre informatique, numérique et système d’information !).

Même si les trois-quarts des entreprises évoquent le numérique, force est de constater qu’aucune n’est en mesure de distinguer informatique, numérique et système d’information. Or, ceci est absolument crucial si l’on veut avoir une chance de piloter sa transformation. Tous les gourous de la science managériale nous expliquent, depuis longtemps, que nous n’avons aucune chance de maîtriser une fonction ou un système, si l’on n’est pas en mesure de le définir clairement et de le mesurer.

Dans ce sens nous sommes plutôt inquiets pour des sociétés comme ArcelorMittal, Danone, Kering, LafargeHolcim, PSA, Renault, Sanofi, Solvay, Technip ou encore Total.

Deuxième observation : le terme digital ou numérique est plus utilisé par « mode » que par souci de performance. On notera qu’aucune entreprise du CAC 40 n’est capable d’appréhender les véritables enjeux liés au numérique ou aux systèmes d’information, en donnant ne serait-ce que des ordres de grandeur (cf. montants, nombre d’ETP concernés, etc.), ce qui est franchement inquiétant. L’opposition entre l’informatique (le « producteur » – les outils) et le numérique (le « consommateur » – les utilisateurs) ainsi que le système d’information (incluant en sus les activités non numérisées) conditionne inéluctablement la performance actuelle et, surtout, future de l’organisation, que ce soit en matière de productivité (diminution des coûts) ou de nouveaux services à valeur ajoutée (augmentation de chiffre d’affaires). Le numérique n’a de sens que s’il influe la rentabilité de l’entreprise ou sa croissance. Or, aucune entreprise du CAC 40 n’évoque ce sujet. Il ne faut pas s’étonner alors que le Paradoxe de Solow reste toujours d’actualité : « il y a des ordinateurs partout sauf dans les statistiques de la productivité » !

Ainsi, les stratégies digitales évoquées dans les différents rapports font plus référence à un effet de mode et à une « utopie technologique » qu’à une véritable démarche d’accroissement de la performance d’entreprise. Dans tous les cas, les facteurs clés de succès, semblent clairement ne pas être au rendez-vous.

Enfin, l’étude de Best Practices met en exergue de nombreuses initiatives en matière d’innovation, mais avec des fondamentaux managériaux peu présents. On observe ainsi de nombreuses initiatives en matière de numérique, par exemple chez Airbus, BNP, Bouygues, Essilor, LCL, Veolia, etc. Elles semblent intéressantes, mais une initiative ne fait pas pour autant une stratégie et encore moins une culture !

Aucune réussite sur le long terme ne se fait sans au moins sept ingrédients :

1. Une gouvernance numérique appropriée.

2. Une compréhension des enjeux informatique, numérique et système d’information.

3. Une stratégie ambitieuse et en phase avec l’état de l’art et l’évolution du marché.

4. Une politique agressive d’innovation et de veille.

5. Une organisation et des modes de fonctionnement repensés.

6. Une approche pointue du pilotage de la performance.

7. Des moyens humains et financiers importants.

Il suffit d’observer les réussites, dont certaines déjà très anciennes, pour en être convaincu. Il n’y a aucune magie dans la réussite de son projet de transformation numérique, juste la connaissance et la mise en oeuvre des fondamentaux managériaux.

Pour en savoir plus : résultats de l'étude

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