Le numérique et la DSI

  • Publié le : 01 octobre 2012
  • Ecrit par : Philippe Rosé
  • Revue / Numéro : IT Business Review n°3

On pourrait croire que le numérique et la DSI ne font qu’un. Autrement dit, qu’il serait naturel, dans une entreprise, que tout ce qui concerne le numérique relève, de fait, du périmètre de la DSI. Mais est-ce certain ?

Probablement pas. Les travaux du Cigref l’ont largement montré : l’entreprise numérique devient, ou va devenir, la norme. Rappelons que, dans son ouvrage sur l’entreprise numérique paru en 2010, Bruno Ménard, à l’époque président du Cigref, a retenu la définition suivante : « Une entreprise numérique est une entreprise qui a une vision numérique et un plan numérique pour toutes les dimensions de son modèle d’affaires. » Le numérique concerne donc toutes les activités d’une entreprise. Certes, c’était déjà le cas de l’informatique, à travers les multiples vagues d’automatisation des tâches. Mais le numérique agit au plus profond des organisations.

D’ores et déjà, une partie des investissements IT échappent aux DSI. Par exemple, une étude de Gartner publiée début 2012 nous a déjà avertis que les directeurs marketing dépenseront davantage en IT que les DSI à l’horizon 2017, notamment parce que le marketing est de plus en plus basé sur les technologies de l’information et le numérique. À cela s’ajoute la problématique des big data, dont les applications sont essentiellement marketing et commerciales. D’ailleurs, dans beaucoup d’entreprises, notamment celles qui se positionnent sur les marchés grand public, les budgets marketing sont supérieurs aux budgets informatiques.

Autre signal, une étude Gartner nous l’affirme : 44 % des directeurs financiers décla­rent que, depuis 2010, leur influence sur les investissements technologiques s’est accrue. Probablement au détriment de l’autonomie laissée aux DSI... Ajoutons à cela, comme le précise une étude de Eurogroup Consulting, le fait que 10 % des DSI français ne sont même pas consultés pour la décision de lancement des projets métiers ayant pourtant un volet système d’information, et l’on obtient plusieurs signaux (pas toujours faibles) d’une dérive dans le contrôle des investissements IT par les DSI, dont c’est pourtant la mission naturelle.

L’une des tendances que les DSI devraient regarder de près concerne l’évolution des compétences. Nous présentons dans ce numéro deux études Best Research dont les enseignements sont révélateurs. La première, réalisée par le cabinet TnP Consultants (voir page 18), montre qu’il existe un décalage entre la cartographie actuelle des compétences dans les DSI du secteur financier et les besoins prévisibles. La seconde, réalisée par Arrrowman Executive Search (voir page 20), met en évidence la montée des fonctions liées au marketing digital. Avec, à mesure que ces fonctions vont se renforcer en dehors de la DSI, un risque que la « part de marché » de la DSI dans l’entreprise numérique se réduise. Si l’on ne sait pas à quel rythme, le mouvement semble inéluctable. Autant s’y préparer...

 

ITBR n3 VCet article est publié dans IT Business Review numéro 3 - octobre 2012.

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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