Les treize malédictions qui portent la poisse aux DSI

  • Publié le : 18 mars 2019
  • Ecrit par : Olivier Séhiaud
  • Revue / Numéro : Best Practices SI n°231

On connaît tous les superstitions. Même si l’on sait, en bon ingénieur que nous sommes, qu’elles ne reposent sur absolument rien de scientifique, on ne peut s’empêcher d’y prêter attention. On ne sait jamais. Dans notre univers aussi, il y a des superstitions qui ont la vie dure. Il y en a au moins treize, qui, évidemment, annoncent le malheur dans nos DSI.

1. Ne jamais développer un chatbot noir. Si le chat noir représente l’incarnation du diable, le chatbot, sa déclinaison dans l’univers numérique, apparaît tout autant maléfique, surtout si vous avez appelé votre chatbot Lucifer (Leveraged Unified Customer Interface For Engagement Results).

2. Ne jamais passer sous une mise à échelle des processus. Une telle imprudence augmentera votre risque d’être cloué au pilori par votre DG pour défaut de performance. En revanche, passer sous une scalabilité ne comporte aucun danger.

3. Ne jamais gérer treize projets en même temps. La phobie du nombre 13 (dont le nom savant est la triskaïdékaphobie) vient du fait qu’il suit le nombre 12, considéré comme parfait. Bon, ça c’est en théorie. Car gérer douze projets en parallèle est tout aussi porteur de malédiction. Cette superstition du nombre 13 dans le management de projet vient en fait d’une étude du DINGUE (Département d’INformations Garanties d’Utilité Eternelle) qui révèle que c’est à partir de ce niveau que tout part en vrille.

4. Ne jamais casser les pieds d’un utilisateur-miroir (celui qui réfléchit aux usages). C’est l’assurance de subir sept ans de malheur, soit la durée moyenne d’implémentation d’un ERP. Ce serait effectivement dommage de ne pas en voir le bout.

5. Ne jamais ouvrir le parapluie des responsabilités dans une salle de réunion. Sur le coup c’est bien pratique, hélas, il vous faudra un jour penser à refermer ce parapluie et tout vous retombera dessus. Vous devrez alors affronter une pluie d’emmerdements. Autant les essuyer de façon progressive…

6. Ne jamais fêter l’anniversaire de votre DAF la veille de sa véritable date. Quoique… Comme ça porte malheur, ça peut être utile.

7. Ne jamais poser deux cahiers des charges croisés sur un bureau. C’est, à coup sûr, signe que les applications concernées seront développées n’importe comment. Il paraît que c’est également le cas si on ne les croise pas.

8. Ne jamais réunir treize consultants à un comité de pilotage. A coup sûr, il y aura un traître parmi eux, à moins qu’ils ne le soient tous… C’est d’ailleurs fort probable si vous organisez votre comité de pilotage un vendredi 13.

9. Ne jamais trinquer sans regarder les yeux de son DG. Quoique… Comme ça porte malheur, ça peut être utile aussi. Cette superstition vient du Moyen Age, époque où chacun craignait d’être trahi. Aucun rapport avec ce que l’on connaît aujourd’hui dans nos entreprises... Quoique !.

10. Ne jamais embarquer un lapin dans la galère d’un schéma directeur. Cette superstition vient du fait que sur les navires, les lapins avaient la fâcheuse habitude de ronger les cordages en chanvre, provoquant ainsi les naufrages. Un schéma directeur ayant les mêmes caractéristiques qu’une galère (beaucoup de monde rame pour la faire avancer, même quand le vent tourne), introduire un lapin est dangereux : il rongera le moral de vos équipes et en dévorera leur motivation.

11. Ne jamais marcher du pied droit sur une étude de marché. Si vous le faites, l’étude de marché en question vous prédira tous les malheurs du monde. Ça commencera par son prix, dont vous vous apercevrez vite qu’il est prohibitif, en regard de la qualité de ladite étude, et que vous auriez pu en faire autant en recrutant un stagiaire motivé pour cent fois moins cher…

12. Ne jamais renverser de SEL (Software Engagement Level) sur un contrat avec un intégrateur. C’est encore aujourd’hui considéré comme un très mauvais présage. Bon, je vous l’accorde, il n’y a souvent pas besoin de ça pour rater une migration ou un développement spécifique d’ERP…

13. Ne jamais repeindre un livre blanc en vert. Le vert est la couleur de l’espoir, mais aussi, et surtout, cette superstition viendrait du fait que Molière portait un costume vert quand il est mort sur scène. Finir comme Molière ? Aucun DSI, même avare, misanthrope, tartuffe ou DSI malgré lui, ne rêve d’une telle mort.

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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