Gala des DSI : du pillage au péage numériques

  • Publié le : 15 mars 2018
  • Ecrit par : Philippe Rosé
  • Exclusivement en ligne

A l’occasion du Gala des DSI, organisé par l'Agora des DSI (une des 18 communautés d'Agora Fonctions) et qui s’est déroulé le 14 mars 2018, une table-ronde a abordé le délicat problème du passage du monde du gratuit vers le monde du payant. Avec la participation de Bruno Vanryb, entrepreneur du numérique, Quentin Sannié, co-fondateur et CEO de Devialet et Alain Quinet, directeur général délégué de SNCF Réseau.

Dans les années 1980, se souvient Bruno Vanryb, entrepreneur du numérique et auteur de l’ouvrage « Les dix commandements de l’entrepreneur », « le logiciel était cher et était très piraté. » Depuis, deux tendances sont apparues. D’une part, le fait que les éditeurs, avec le SaaS, ont trouvé un modèle qui a réduit considérablement le piratage, en verrouillant les utilisateurs. « D’autre part, et c’est le point négatif, il y a un problème de perception de la valeur, la guerre des prix, du moins sur le segment B2C, a fait que le logiciel est perçu comme ne valant plus rien, ce qui rend difficile, pour les éditeurs, le financement du support et de la R&D », estime Bruno Vanryb.

Comment, dès lors, retrouver la valeur perdue ? « Nos logiciels sont à 95 % en Open Source, la valeur se situe dans leur ordonnancement et la chaîne de valeur intègre le matériel », explique Quentin Sannié, co-fondateur et CEO de Devialet, fabricant d’enceintes hauts de gamme qui doit se faire une place face à de redoutables concurrents que sont Amazon, Google et Apple. Pour lui, il faut être en permanence « performant et innover sur son savoir-faire et les plateformes technologiques, pour être unique au monde. » Bruno Vanryb estime, pour sa part, que les éditeurs (mais également les producteurs de contenus tels que les médias) « sont condamnés à faire des contenus de qualité, car cela ne sert à rien de proposer de payer pour des contenus que l’on peut consommer gratuitement ailleurs. » Bruno Vanryb retient le modèle Netflix comme plutôt vertueux : « La qualité est là, on paie avec plaisir ; le pillage s’arrête là où commence la qualité et la différenciation. »

Alain Quinet, directeur général délégué de SNCF Réseau, a expliqué, lors du Gala des DSI, comment le digital est étroitement lié aux infrastructures physiques : « Les trains ont deux contraintes : ils freinent mal, d’où la nécessité de les espacer et ils ne peuvent se doubler, d’où des répercussions en chaîne lors d’incidents. Nous souhaitons tirer parti du digital pour résoudre cette double contrainte. » Par exemple avec des nouveaux systèmes de signalisation qui permettent, par exemple, sur la ligne Paris-Lyon, de passer de treize trains à l’heure à 17. Côté gestion des incidents, le digital permet de les détecter plus vite et donc de faire repartir les trains plus tôt ! « En outre, on économise sur l’entretien, par exemple en remplaçant des équipements au sol par des dispositifs technologiques embarqués », ajoute Alain Quinet, pour qui, plus globalement, « le digital oblige à concevoir des offres plus complètes et pus intégrées, autrement dit de passer du métier de transport à celui de mobilité : nous avons été historiquement des gestionnaires d’actifs industriels mais nous sommes aussi devenus des gestionnaires de données… »

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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