Destruction créatrice

  • Publié le : 27 avril 2009
  • Ecrit par : Philippe Rosé
  • Revue / Numéro : Best Practices SI n°24

L’analyse de la valeur fait partie de la panoplie des méthodologies et des référentiels utiles aux DSI. Même en l’absence de repères précis et intangibles, ou de méthodologies communes rigoureuses, il est clair que le système d’information a de la valeur, et même des valeurs. Celles-ci relèvent, certes, davantage du domaine du ressenti que du benchmark rigoureux.

En effet, l’analyse de la valeur d’un système d’information s’inscrit dans le temps et est, par définition, relative. Elle ne se limite pas à la détermination de ratios financiers mais intègre également la valeur d’usage et ce que l’on appelle la valeur d’estime. Nous aurons l’occasion de revenir sur ce thème dans l’un de nos prochains numéros, dans la rubrique Best Practices Revues et Corrigées.

Traditionnellement, les principales questions auxquelles s’efforce de répondre l’analyse de la valeur sont les suivantes : qu’apporte le système d’information à l’entreprise ? Comment soutient-il son développement ? Comment l’aide-t-il à gérer ses contraintes ? Comment améliore-t-il son efficacité ? Mais les approches classiques de mesure de la valeur souffrent de limites importantes : d’une part, il est difficile d’obtenir une valorisation financière dans la mesure où ces approches s’appuient sur des indicateurs non financiers. D’autre part, on observe des difficultés de mise en œuvre. Elles tiennent au fait qu’il faut mobiliser des ressources importantes pendant une période relativement longue, et que les données sont difficiles à obtenir.

Si l’on peut quand même, plus ou moins précisément, mesurer l’apport de valeur d’un système d’information, pourquoi ne pas mesurer ce que le système d’information détruit comme valeur, du fait de ses dysfonctionnements, de ses imperfections, de sa complexité, de sa lourdeur ? C’est tout l’enjeu de l’analyse de la destruction de valeur, dont nous présentons les grands principes dans ce numéro, avec les exemples de La Poste et de Bouygues Telecom, deux groupes qui ont adopté ce type de démarche. L’objectif, dans les deux cas, a consisté à mesurer l’impact sur le chiffre d’affaires des dysfonctionnements du système d’information.

« L’objectif était d’évaluer, pour les directions métiers, nos clients internes, la destruction de valeur occasionnée par les dysfonctionnements du système d’information, et d’utiliser les résultats obtenus pour concevoir et mettre en œuvre les plans d’action afin d’éradiquer les dysfonctionnements », précise Muriel Fally, directrice du contrôle des coûts et de la performance des systèmes d’information de la branche courrier de La Poste.

Best Practices propose des publications payantes.
Comparez nos différentes offres d'abonnement.

Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris