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Intermédiaires parasites

Cinquante des plus grands éditeurs de logiciels américains perdraient 100 milliards de dollars de capitalisation boursière en raison de leur dépendance aux plateformes d’Amazon, Microsoft ou Google, dont les marges dépassent les 30 %. Et pour l’ensemble des entreprises cotées, la perte atteindrait 500 milliards de dollars.

C’est ce qu’a affirmé cet été le fonds d’investissement américain Andreessen Horowitz. Si le cloud tient ses promesses au début des migrations, la pression qu’il met sur les marges des entreprises clientes peut commencer à surpasser les bénéfices, alors que l’usage du cloud s’intensifie, expliquent les investisseurs. Cela pose la question du rôle des intermédiaires. On peut généralement en distinguer quatre catégories : les facilitateurs (par exemple les plateformes de e-commerce qui mettent en relation un client et un fournisseur), les régaliens (les notaires…), les accompagnateurs (par exemple les agents artistiques) et les parasites (par exemple les agences immobilières…). Leur positionnement dépend de la création/destruction/captation de la valeur, la catégorie des intermédiaires parasites se caractérisant par la plus forte destruction de valeur financière pour ceux qui y recourent. Dans le cas des opérateurs de cloud, il se pourrait que l’on observe un glissement : historiquement perçus comme des facilitateurs (qui simplifient la gestion du SI) ou des accompagnateurs (avec des offres de services et d’intégration), ces prestataires, à force de capter de la valeur et/ou de la détruire chez leurs clients, pourraient être vite considérés comme des parasites qui, en plus, verrouillent leurs clients avec un degré de dépendance qui s’accroît avec le temps.

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Philippe Rosé

Philippe Rosé

Docteur en sciences économiques et auteur d’une vingtaine d’ouvrages sur le management des systèmes d’information, Philippe Rosé est rédacteur en chef des publications Best Practices.

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