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Vive les Fake News !

C’est paraît-il, le vrai fléau de la société de l’information. Je veux parler des Fake News, qui sont, comme leur nom d’indique, des informations fausses, fabriquées de toutes pièces. On nous les présente comme un phénomène nouveau, mais c’est, en réalité, très ancien.

Avant, ça s’appelait des rumeurs ou de la désinformation. Il n’empêche, depuis que Donald Trump emploie l’expression à chaque fois qu’il prononce un discours, les Fake News ont, semble-t-il, proliféré, aidées par les réseaux sociaux et de nombreux internautes, au Q.I. plus bas que notre budget innovation, qui les relaient.

Et si c’était finalement un outil que nous, DSI, pourrions utiliser à notre profit ? J’imagine que certains d’entre vous vont s’offusquer que l’on puisse recourir à de telles extrémités ! Ce sont probablement ceux qui n’ont pas à craindre pour leur job, avec des utilisateurs qui plébiscitent l’action de la DSI et une direction générale qui ne tarit pas d’éloge sur les capacités de visionnaire, de gestionnaire, d’innovateur, de diplomate, de manager éclairé du DSI. Pour les autres, c’est-à-dire la majorité, tous les moyens ne sont-ils pas bons pour redorer notre blason fort défraîchi ?

Peut-être une bonne dose de Fake News suffirait-elle à changer l’image des DSI dans l’entreprise ? Il y a quand même une caractéristique essentielle qui justifie que l’on s’intéresse aux Fake News : c’est que beaucoup de gens y croient et ceux qui débusquent les contre-vérités semblent agir dans le vide… C’est tentant, quand même, non ?Reste à passer à l’action. Pour bien faire, je vous propose de recourir aux dix techniques que vous pouvez consommer sans modération :

  • La contre-vérité non vérifiable : lorsqu’il n’y a pas de témoin ou d’explications d’experts indépendants, l’interlocuteur aura davantage de difficultés à identifier la vérité. Exemple : « La DSI a toujours choisi les meilleures des meilleures technologies, c’est un principe auquel nous n’avons jamais dérogé. »
  • Le mélange vrai-faux : par exemple, avec des témoignages contradictoires ou flous. « C’est vrai, nous avons connu un moment de doute, mais le beau-frère d’un de nos consultants, qui est un expert, a validé le cahier des charges et les choix techniques. »
  • La déformation de la réalité : on reconnaît les faits, mais avec ironie ou contre-questions. Exemple : « C’est sûr que le nouveau Chief Digital Officer a toutes les compétences requises ; au fait, maîtrise-t-il parfaitement les clusters Hadoop ? »
  • La modification du contexte : avec des variations sur les causes, les conclusions, etc. « La DSI n’est pas responsable du dépassement de délais, on a juste pas eu de chance. Comme la dernière fois… et aussi la fois d’avant. Et aussi… »
  • L’estompement : on noie le fait vrai dans un flot d’informations sans réel intérêt. Exemple : « Le coût de cette solution ? Euh…, n’oubliez pas qu’elle est parfaitement dimensionnée et innovante ; vous avez vu ces belles interfaces ? C’est rare d’en voir d’aussi modernes et intuitives, quant à la compétence de l’intégrateur, elle est au top ! Et sa performance est sans égales. »
  • Les vérités sélectionnées : avec l’utilisation de détails véridiques, mais incomplets. Exemple : « Nous sommes facturés par utilisateur, à quelques euros par mois, vous allez donc automatiquement réduire vos coûts avec cette application dans le cloud. Merci qui ? Merci la DSI ! »
  • Le commentaire appuyé : les faits ne sont pas modifiés, mais la conclusion générale est hors contexte. Exemple : « Bien sûr, ce projet de CRM n’a pas été mené dans les règles de l’art, mais les études montrent que nous sommes plutôt meilleurs que la moyenne des projets d’infrastructures et de bases de données. »
  • L’illustration : on met en exergue des faits particuliers pour en déduire une conclusion générale. Exemple : « La DSI a reçu un trophée lors du dernier Sicob (Salon Informatique Complètement Out of Business), donc nous sommes devenus les meilleurs en communication vers les utilisateurs, c’est évident ! »
  • La généralisation : avec le recours aux concepts, aux valeurs universelles, qui fonctionnent avec toutes les problématiques. Exemple : « La DSI est innovante, réactive, ouverte, agile et, en plus, les équipes sont sympas ! Le reste n’est que détails futiles et ce n’est pas l’avis de quelques utilisateurs ronchons qui y changeront quelque chose. »
  • Les parts inégales : on utilise des commentaires de tiers, mais avec une sélection en fonction de l’objectif poursuivi, d’où une information partiale. Exemple : « Les cabinets Gare-à-tes-nerfs et Baston Consulting Group ont placé ce fournisseur dans leur déconagone magique, il nous faut leur solution, c’est sans risque, puisqu’ils le disent ! »

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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