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Les sept péchés capitaux des projets

Dans la religion des bonnes pratiques, que n’importe quel chef de projet doit suivre sous peine d’être excommunié par ses pairs, il existe aussi des péchés capitaux.

Et le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont, comme leurs homologues dans la religion catholique, tout aussi répandus. À croire que partout, il y a un énorme fossé entre ce qui est écrit et ce qui est pratiqué...

Du fait de ma longue expérience en matière de gestion de projets, je dois avouer que j’ai succombé très souvent à tous les péchés capitaux. On peut les regrouper avec un verbe que nous connaissons tous, puisque nous l’appliquons constamment : GALOPER. L’acronyme est ainsi facile à retenir : G (Gourmandise), A (Avarice), L (Luxure), O (Orgueil), Paresse (P), E (Envie), R (Rage).

La gourmandise

Vous l’avez constaté, les directions métiers sont très gourmandes et veulent toujours se goinfrer de plus de fonctionnalités. Les chefs de projet sont, eux aussi, tentés d’ajouter des interfaces un peu grasses, pour éviter tout rachitisme des applications, ou de se sucrer sur les budgets, surtout si l’on fait appel à des prestataires externes. De quoi provoquer des indigestions...

L’avarice

Evidemment, un projet IT est toujours trop cher et il est tentant de rogner sur tous les coûts. C’est bien connu, on peut se passer d’un chef de projet expérimenté, de formations ou d’accompagnement au changement. Le budget alloué à ces tâches sera ainsi thésaurisé pour constituer des réserves, au cas où... Les utilisateurs sauront très bien se débrouiller seuls, cela leur fera d’ailleurs prendre de bonnes habitudes...

La luxure

Les chefs de projet sont tellement altruistes qu’ils veulent faire plaisir à tout le monde, même si le projet sera ainsi inévitablement mis en péril. Et les DSI pourront alors se vanter d’encourager les PUTE (Projets Utiles à Toute l’Entreprise)...

L’orgueil

Les métiers et les utilisateurs ne sont pas les premiers à nous attribuer tout le mérite d’avoir mené à bien les projets. Ils sont même souvent les derniers... Nous devons donc avoir un maximum d’orgueil : ne sommes-nous pas les seuls à être capables d’identifier la solution technologique à une problématique métier ? En plus, nos projets sont toujours livrés à l’heure, sans risques, avec des indicateurs toujours au vert. Et pas question de tendre la joue droite si l’on vient nous chercher des noises...

La paresse

Un projet sans méthodologie, sans analyse des besoins, sans suivi régulier, ni objectifs ou ROI, peut très bien aboutir. C’est d’ailleurs beaucoup plus reposant, pour ceux qui en ont la responsabilité, de procrastiner en remettant à l’année prochaine ce qui pourrait être fait le jour même. Il y en a qui ont essayé et ils n’ont pas eu de problèmes. Ils ont même été promus...

L’envie

C’est probablement le péché capital le moins répandu. En effet, on ne trouve quasiment jamais de chefs de projet qui dénigrent le travail de leurs collègues ou celui des prestataires externes, qui freinent la collaboration, qui s’approprient les idées des autres ou qui sont jaloux d’une reconnaissance non méritée de leurs collègues. Quoique...

La rage

Les psychologues nous expliquent que la colère, lorsqu’elle s’exprime, assure une paix relative. C’est pour cela qu’il faut régulièrement hurler, proférer des insultes, voire user de quelque violence, pour remettre d’aplomb un projet qui dérape...

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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