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Les DSI techno-végans : comment les reconnaître ?

Après les DSI radicalisés (Voir Best Practices n° 181, 14 novembre 2018), que vous avez appris à identifier, il faut prendre garde à ce qu’une autre pathologie ne vienne pas sournoisement contaminer la population des DSI : je veux parler de la mode du véganisme.

Rappelons que ce comportement se caractérise par le fait qu’un individu s’interdit de consommer des produits issus des animaux et de leur exploitation. Cette attitude pourrait parfaitement se décliner dans le monde des systèmes d’information.

Comment reconnaître un DSI atteint de véganisme plus ou moins aigu ? Pas en observant sa consommation de viande, car il pourrait tout à fait être amateur de steak bien saignant, adorer se goinfrer de yaourts et aimer dévorer des omelettes bien baveuses. Cinq indices me semblent pertinents pour identifier un DSI atteint de véganisme numérique.

D’abord, il ne consommera aucun logiciel issu d’éditeurs commerciaux et privilégiera l’Open Source. Selon le principe que réutiliser des morceaux de code permet de sauver la planète, le recyclage étant considéré comme bien meilleur que les développements spécifiques qui ne servent qu’à une application.

Ensuite, et c’est plus gênant, il aura la même considération morale pour toutes les espèces : tout comme l’animal est considéré comme l’égal de l’homme par les végans, le DSI techno-végan mettra sur le même plan toutes les catégories de collaborateurs dont il dispose dans ses équipes. Ce qui le conduira à ne jamais licencier un incompétent, un imbécile, un crétin ou un idiot, et encore moins celui qui cumulerait tous ces handicaps : tous les développeurs, chefs de projet et autres professionnels IT étant égaux, il n’est pas question de mener certains d’entre eux à l’abattoir Pôle Emploi : tout au plus consentira-t-il à pratiquer l’abattage ciblé de consultants demeurés, au titre de la sélection naturelle.

De même, à l’image des produits cosmétiques qui contiennent des substances prohibées par les végans, le DSI techno-végan s’interdira tout maquillage des budgets et des business cases. Dommage pour lui, c’est quand même bien pratique…

Troisième caractéristique : il portera la bonne parole partout, que ce soit en interne, vis-à-vis des directions métiers, ou en externe, dans les événements de fournisseurs ou autres salons. Le DSI techno-végan sera donc très difficile à gérer par ses équipes, les métiers et ses pairs DSI. Qui le verront arriver de loin et préféreront esquiver la discussion, sous peine de passer trois heures à disserter sur les bienfaits d’un système d’information éthique, moral, durable, probe, blabla…

Enfin, tout comme les végans refusent de porter des vêtements fabriqués à partir des animaux, le techno-végan ne placera jamais en évidence sur son bureau des goodies issus d’éditeurs considérés comme mettant en danger un système d’information.

Il reste un dernier point commun entre la personne végan et le DSI techno-végan. Dans les dîners en ville, il y aura toujours quelqu’un qui ne pourra pas s’empêcher de soupirer : « Bonjour l’ambiance… »

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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