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Hackathon, yakathon, conathon…

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais la mode est aux hackathons dans les entreprises. C’est le même principe que le Téléthon, pour lequel les organisateurs réclament des sous : les entreprises demandent à des développeurs de leur prêter les capacités de leurs cerveaux pour en faire jaillir des idées géniales qui pourront être mises en œuvre.

C’est une manière intéressante de développer des applications rapidement et pour pas cher. Quelques dizaines de développeurs enfermés pendant un ou deux jours et nourris de pizzas et de boissons gazeuses font l’affaire...

Identifier les bonnes idées est une noble tâche même si, pour ma part, je n’ai pas encore imaginé de hackathons. Je suis davantage habitué aux yakathons que m’organisent régulièrement les métiers. Le principe est le même que pour les hackathons : on réunit plusieurs personnes dans une salle et chacun exprime ses meilleures idées. Sauf qu’à la différence d’un hackathon, les bonnes idées ne sont jamais mises en œuvre et restent au stade du « Yaka le faire ». D’où le nom de l’exercice...

J'ai innové avec un autre format : le conathon. L’idée est de trouver les plus mauvaises idées, autrement dit « les idées à la con », de manière à ne jamais les mettre en œuvre. Et dans nos domaines, il faut dire que ces « idées à la con » ne manquent pas. Tous les métiers ont, régulièrement, des idées saugrenues qui, si elles étaient mises en œuvre, conduiraient à assécher les budgets, rendre dépressifs tous nos collaborateurs, multiplier les projets urgents et, au final, pousser les DSI à la ruine.

J’ai donc organisé mon premier conathon le mois dernier. J’ai réuni les représentants de nos principaux métiers dans notre établissement de Vatexibé sur Seine, de manière à les sortir de leur environnement habituel. Je ne leur ai évidemment pas révélé la finalité de l’exercice. Au contraire : je les ai attirés sous prétexte de « brainstormer sur l’innovation et la transformation numérique pour l’industrie 4.0 », sujets dont personne ne peut dire qu’il ne s’y intéresse pas... Sauf à passer pour un ringard à l’ère du digital. Comme aurait pu dire Michel Audiard : « Les métiers, ça ose tout demander aux DSI, c’est à ça qu’on les reconnaît. » Pour nous, à la DSI, plus on peut identifier en amont les besoins farfelus des métiers, mieux on pourra les dissuader de les mettre en œuvre. Mon conathon m’a ainsi permis de classer les idées de projets en dix catégories :

Les projets qui sont impossibles à réaliser, comme lorsque notre directeur commercial imagine un algorithme qui prédirait, à 100 %, et en temps réel, les achats des clients.Les projets que les équipes de la DSI ne veulent pas mettre en œuvre, toujours pour de bonnes raisons, bien sûr.Les projets qu’il n’est pas raisonnable d'initier parce qu’ils coûtent trop cher, comme lorsque la direction R&D veut stocker en interne tout le contenu des centaines de bases de données d’informations qu’elle utilise sous prétexte que « comme ça, personne ne saura ce que l’on cherche. »Les projets qui vont se planter à coup sûr, comme lorsque la direction logistique veut connecter tous ses ERP en moins de deux mois.Les projets qui vont apporter un volume plus ou moins élevé d’ennuis pour ceux qui les ont initiés ou réalisés, comme lorsque... En fait, tous les projets peuvent entrer dans cette catégorie !Les projets utopiques, comme lorsque la direction du développement durable veut calculer en temps réel le bilan carbone de toutes les actions des collaborateurs, même les plus banales.Les projets absurdes, comme lorsque la direction juridique veut structurer toutes les données non structurées, juste pour tout contrôler.Les projets interminables, comme lorsque la DG veut instaurer des règles rigides de gouvernance à tous les étages.Les projets dont on ne comprend pas la finalité, comme lorsque la direction marketing veut mesurer tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux juste pour faire comme tout le monde.Les projets kafkaïens, comme lorsque la DAF veut cartographier tous les processus qui conduisent à dépenser de l’argent, même pour acheter des trombones à quelques centimes.

Comme les métiers ne manquent pas d’imagination, j’ai déjà programmé un nouveau conathon pour la rentrée...

Mon referentiel SehiaudMon référentiel des métiers improbables de la DSI

Il existe des métiers improbables mais néanmoins indispensables pour une DSI. Au sommaire de cet ouvrage : les 106 métiers dont un DSI ne pourra pas se passer, depuis l'aboyeur d'appel à projets jusqu'au désillusionniste de carré magique, en passant par le goûteur de recette applicative ou le tordeur de bases de données massivement parallèles...

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

Nos Ouvrages

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