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DSI palefrenier

Même les vieux DSI comme moi (ou plutôt les DSI seniors…) n’ont pas connu cette époque : celle d’avant le XXe siècle. Au hasard d’une visite d’un château médiéval dans le centre de la France, pendant mes courtes vacances, j’ai pu déambuler jusqu’aux écuries, endroit bien à l’écart des nobles appartements du seigneur et où l’activité, stratégique dès lors qu’il fallait guerroyer par monts et par vaux (sans blindés, ni GPS, mais avec des canassons entretenus, frais et dispos), ne faiblissait quasiment jamais.

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Une analogie avec la DSI d’aujourd’hui ? Bien sûr que non. On imagine mal le seigneur-directeur général reléguer dans des écuries-DSI des activités stratégiques (guerroyer contre la concurrence). Ce mode de fonctionnement n’aurait aucun sens... Mais, lorsque l’on pénètre dans lesdites écuries, figure sur l’un des murs le « Règlement d’écurie » qui s’applique à tous ceux qui œuvrent dans cet endroit stratégique. Un document sous-titré, pour les mal-comprenants : « Méthode à suivre pour les hommes dans leur travail. »

Là, l’analogie avec une DSI prend tout son sens. Passons sur les « soins à prodiguer aux chevaux » qui correspondraient, en gros, aux procédures de maintenance des matériels, sans le foin ni les paillasses. Passons également sur la nécessité de « nettoyer l’auge pour donner de l’avoine », en clair, donner suffisamment de travail aux développeurs et aux responsables d’exploitation.

Quatre préceptes sont mis en exergue dans le Règlement d’écurie. On suppose qu’il s’agit des principes les plus importants (on dirait aujourd’hui des bonnes pratiques, ou des best practices, dans les écuries anglaises). Le premier : « Le temps nécessaire pour chaque chose. » Ce principe devrait être rappelé à beaucoup de nos clients internes qui ont tendance à vouloir tout pour le lendemain. Deuxième précepte essentiel : « Chaque chose en son temps. » Là encore, ceux qui nous mettent la pression pour raccourcir les délais et, surtout, gérer de nombreux projets en parallèle, devraient assimiler ce principe de bon sens.

Le troisième précepte est lui aussi fondamental dans l’esprit des concepteurs du Règlement d’écurie : « Une place pour chaque chose ». Précepte que l’on pourrait traduire par : « Une valeur pour chaque projet. » Donc, un projet qui ne correspond à rien en termes de création de valeur et qui est juste demandé pour le confort de certains ne doit pas trouver sa place dans le portefeuille de projets.

Dernier précepte, dans le prolongement du précédent : « Chaque chose à sa place. » Un principe qui peut s’appliquer au partage des responsabilités, en particulier pour la validation des choix techniques par la DSI, par rapport aux idées préconçues et quelquefois farfelues des directions métiers.

Mais certains principes en vigueur dans les écuries ne pourront jamais s’appliquer à une DSI. Par exemple : « S’habiller en tenue de jour pour aller aux ordres. » D’autres sont déjà appliqués depuis longtemps sans qu’il soit besoin de les rappeler, par exemple : « Tout homme d’écurie doit n’avoir en travaillant ni veste, ni cravate, ni gilet, ni bretelles. » On aurait même quelquefois besoin de rappeler que le contraire serait souhaitable, à voir la tenue débraillée de certains de nos collaborateurs...

Dernière analogie entre le monde des systèmes d’information et celui des équidés. Dès lors que nos clients internes se sont fourrés dans une impasse (incapables, par exemple, de lancer une nouvelle offre sans un nouveau système d’information alors qu’ils croyaient s’en passer...), comme dans les bons westerns, la cavalerie de la DSI arrive toujours au bon moment pour que l’histoire finisse bien...

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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