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Jusqu’où ira la communication en temps réel ?
Que nos systèmes d’information fonctionnent 24 heures sur 24, soit.
Mais le DSI a-t-il vocation à ne jamais décrocher ?

Le BlackBerry et ses dérivés constitue le plus grand cauchemar inventé contre les DSI, m’expliquait l’autre jour l’un de mes confrères, lors d’une intéressante conférence sur la prospective des technologies de l’information. Il s’est d’ailleurs empressé d’écourter notre discussion, pris d’une envie subite... de répondre à quelques mails qui se sont subrepticement glissés dans outil-mobile-qui-ne-quitte-jamais.

Il n’est jamais revenu, probablement virtuellement kidnappé par un appareil 400 fois plus petit (on n’en ferait qu’une bouchée de ce nain...) mais qui dispose d’une force de frappe extraordinaire. Rendez-vous compte : ce truc peut vous transformer en esclave des plus servile ! Pour les plus atteints d’entre nous, il peut nous réveiller la nuit (étonnez-vous que l’on soit fatigué lors des réunions de projets), interrompre notre repas (quel sacrilège !), nous empêcher de pousser tranquillement notre chariot au supermarché (bon, ça, c’est pas si grave), casser notre rythme de productivité lorsque, pour une fois, nous sommes engagés à fond dans la rédaction du prochain schéma directeur. Et nous distraire dans les quelques moments de répit que nos directions générales nous laissent.

J’imagine le DSI qui passe du bon temps avec sa maîtresse ou ses maîtresses (si, si, j’en connais, n’est-ce pas, M... ?) dérangé au moment fatidique par le vibrement d’un outil... que personne n’a d’ailleurs songé à transformer en sex toy (conseil gratuit à ceux qui veulent se faire de l’argent en surfant sur la vague du collaboratif poussé à l’extrême)  !

Comment en est-on arrivé là ? Il est inutile de blâmer les concep­teurs et vendeurs de cet engin. Ils n’ont fait que leur boulot de commerçant. C’est vrai que l’on nous explique que cet outil permet de meubler les temps morts. C’est même toute l’entreprise qui en profite, selon le célèbre effet papillon : un bruissement de mail en Europe peut déclencher une avancée extraordinaire d’un projet en Asie ou outre-Atlantique.

Il suffit en effet de retarder de quelques heures la réponse à un mail pour qu’un projet stratégique soit bloqué. C’est vrai, mais on peut aussi accélérer la prise de mauvaises décisions. En quoi le risque de faire une connerie en temps réel est-il moins important que l’avantage de prendre la bonne décision tout aussi vite ? Au quotidien, le BlackBerry a quand même des avantages, par exemple pour distraire un ou plusieurs interlocuteurs lorsque l’on doit aborder les sujets qui fâchent.

Lors de notre dernier comité de direction, l’ordre du jour comportait un point sur lequel j’étais plutôt mal à l’aise, n’ayant pas préparé suffisamment les dossiers. Ben oui, j’ai dû répondre à une centaine de mails urgents... Il s’agissait de réajuster (à la hausse pour moi, à la baisse pour notre DAF) le budget de la DSI pour tenir compte de l’évolution des charges de travail. Faire appel à une SSII ou accroître la productivité de nos équipes ? Telle était la question fondamentale à laquelle j’imaginais facilement la réponse de Pierre-Henri Sapert-Bocoup, notre PDG : « Faites plus avec autant de ressources, et si c’est moins c’est mieux ! »

Juste avant le moment fatidique, après l’examen de la politique de la DRH en faveur des hauts potentiels (il paraît que l’on en a mais qu’ils se cachent), la revue du reporting de nos usines et le vote sur la nouvelle campagne de pub concoctée par les créatifs de l’agence Johnson, Williamson, Bronson, Ducon & Associates, j’ai programmé l’envoi, depuis une adresse externe, d’un mail à chacun des membres du comité de direction présents, de la part d’un chasseur de têtes fictif leur proposant de les rencontrer au plus vite. Rien de tel que pour flatter l’ego de mes chers collègues ! A part Anne-Laure de Troudusac, notre directrice de la communication, qui avait coupé son engin (de toute façon, elle ne sait pas bien s’en servir), tous les autres n’ont pu s’empêcher de jeter un coup d’œil à leur écran. Attitude qui a mis notre PDG technophobe en colère. « Vous reviendrez quand vous serez motivés ! », s’est-il emporté. Exit l’examen de notre budget...

Mais ce n’est que partie remise. Car mon subterfuge a été découvert. « Avec des conneries comme celle-là, t’es mort si tu continues ! », m’a averti le directeur marketing. Juste au moment où je viens de recevoir en cadeau le dernier modèle de chez WhiteSherry. « Un vrai outil-de-la-mort qu’t’as là, P’pa », s’est exclamé mon fils. Clairvoyant ce petit...

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Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud

Olivier Séhiaud est le pseudonyme du DSI d’un grand groupe industriel français. Il nous livre en exclusivité ses réflexions sur son métier et les technologies de l’information.

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